Enfin sur la terre ferme : le parcours d’une mère vers la sécurité et la stabilité

En tant que couturière de vêtements de mariée, Michelle passait ses journées à créer des robes pour des mariées à l’aube d’un nouveau départ. Mais en coulisses, elle s’efforçait elle-même de prendre un nouveau départ. Après la fin du mariage de Michelle, des contraintes financières écrasantes l’ont empêchée de construire une nouvelle vie pour elle et ses six enfants. La faillite de son ex-mari a laissé une empreinte durable sur son crédit, rendant impossible l’obtention d’un prêt hypothécaire traditionnel.
Michelle avait un travail régulier, mais sans assurance maladie ni accès au crédit, les urgences financières se profilaient à l’horizon. Les défis qu’elle a relevés l’ont poussée à faire preuve d’ingéniosité. « On sort des sentiers battus quand on est au pied du mur », dit-elle. « Et je sortais toujours des sentiers battus. »
Michelle a commencé à étudier l’anglais à l’université, non seulement pour acquérir une formation, mais aussi dans le but stratégique d’obtenir des prêts étudiants en cas d’urgences financières. Ses progrès scolaires lui ont ouvert les portes des Forces armées canadiennes, auxquelles elle s’est jointe en tant qu’officière afin d’obtenir une assurance maladie pour ses six enfants. « Mes enfants avaient besoin de thérapies, de dentistes, d’appareils dentaires. Je n’avais pas accès à des soins de santé. C’est ainsi que je me suis engagée dans l’armée », se souvient-elle.
Quelques années après le début de sa nouvelle carrière, Michelle et ses enfants, alors âgés entre 13 et 18 ans, ont déménagé 12 fois. Leurs logements locatifs ont fait l’objet de rénovictions à dix reprises, obligeant les enfants à fréquenter sept écoles différentes. En quête désespérée de stabilité, Michelle a parcouru Kijiji à la recherche de maisons invendues qu’elle pourrait louer.
C’est à ce moment-là qu’elle est tombée sur Habitat pour l’humanité Nouveau-Brunswick et son programme d’accession à la propriété abordable.
Après avoir été acceptée dans le programme la même année, Michelle a acheté sa propre maison à l’aide d’un prêt hypothécaire abordable et adapté à ses revenus. Habitat Nouveau-Brunswick a travaillé avec elle pour concevoir une maison modeste mais fonctionnelle, dotée de trois chambres à l’étage et de trois autres au sous-sol, offrant ainsi suffisamment d’espace pour ses enfants. Pour compléter les 500 heures de partenariat de la famille, Michelle a mis à profit ses compétences en construction pour poser des cloisons sèches, poncer, installer des armoires et des girons d’escalier, et même semer le gazon. Ses enfants plus âgés ont également participé.
Des bénévoles de partout au pays sont venus l’aider à construire sa maison. Reconnaissante du soutien qu’elle a reçu, Michelle leur a rendu la pareille. Après avoir emménagé, sa famille s’est portée volontaire pour participer à la construction de sept autres maisons Habitat. Pendant la pandémie, les membres de sa famille ont fait équipe, en accrochant des cloisons sèches, en ponçant et en peignant, afin de redonner à la communauté qui les avait aidés.
La stabilité que Michelle a trouvée grâce à sa maison Habitat l’a aidée à rétablir sa cote de crédit. En 2024, Michelle a franchi une autre étape audacieuse. Elle a refinancé sa maison par l’entremise d’un prêteur commercial et a remboursé intégralement son prêt hypothécaire d’Habitat, ce qui a permis à Habitat Nouveau-Brunswick d’offrir à une autre famille une occasion semblable. « Les banques traitent différemment les propriétaires et les locataires », fait-elle remarquer. Le refinancement lui a également donné la possibilité de couvrir les frais d’éducation postsecondaire et les appareils orthodontiques de ses enfants ainsi que d’autres dépenses imprévues de la vie.
Aujourd’hui, Michelle est capitaine dans les Forces armées canadiennes, propriétaire d’une maison et entrepreneure prospère. Ses enfants, aujourd’hui âgés entre 19 et 25 ans, disposent d’assises solides pour entamer leur vie du bon pied. « Il y a quelque chose dans le fait d’être propriétaire qui fait du bien à l’âme », dit-elle. « Il y a de la stabilité, le sentiment d’être chez soi. C’est quelque chose qui ne peut être sous-estimé en ce qui concerne mes enfants. C’est ici que nous avons vécu le plus longtemps… Mes enfants se sentent en sécurité pour quitter le nid et aller explorer de nouveaux horizons, parce qu’ils savent qu’ils peuvent toujours revenir à la maison. »
