Les coûts cachés du logement à travers le monde
Dans le cadre d’un sondage historique mené auprès de plus de 30 000 personnes du monde entier, une nouvelle étude d’Habitat pour l’humanité International met en lumière des préoccupations universelles concernant l’abordabilité du logement et la confiance dans les systèmes de logement. L’étude révèle que, dans tous les pays, les coûts du logement ont une incidence sur la capacité des gens à renforcer leur résilience financière, à subvenir aux besoins de leur famille, à préserver leur bien-être et à se bâtir un avenir.
Au Canada, la crise du logement limite désormais les possibilités et nuit au bien-être
Les résultats du Canada révèlent un écart important entre la stabilité du logement d’aujourd’hui et la confiance en l’avenir. Beaucoup de Canadiens et de Canadiennes vivent avec une marge de manœuvre financière très réduite et se montrent de plus en plus pessimistes quant à l’avenir.

C’est le manque de logements abordables qui alimente ce pessimisme. Plus de la moitié des personnes qui ne sont pas propriétaires estiment que les maisons sont trop chères, une sur deux juge que son revenu est trop faible, et quatre sur dix affirment ne pas disposer d’une épargne suffisante pour verser une mise de fonds. Par ailleurs, 81 % des Canadiens et des Canadiennes estiment que la hausse des coûts du logement complique le fait de devenir propriétaire.
Citation en exergue ou en encadré : « Nous devons redonner aux Canadiens et aux Canadiennes l’envie d’accéder à la propriété, que ce soit sur le marché libre ou grâce à un programme d’abordabilité comme celui d’Habitat. Pour les milliers de familles qui ont acheté une maison auprès de nous, la stabilité qu’offre l’accession à la propriété abordable est souvent le facteur décisif entre mettre leur vie en veilleuse et se bâtir la vie qu’elles souhaitent. » – Pedro Barata, président-directeur général d’Habitat Canada
Les répercussions vont bien au-delà de l’accession à la propriété. Les deux tiers des Canadiens et des Canadiennes déclarent avoir dû faire au moins un sacrifice financier au cours de la dernière année afin d’assumer leurs frais de logement. Plus d’un tiers des personnes interrogées ont réduit leurs dépenses en alimentation et en épicerie, un quart a puisé dans ses économies ou son fonds d’urgence, et 40 % ont réduit leurs dépenses liées aux activités sociales. Près de la moitié des Canadiens et des Canadiennes affirment que pouvoir se loger sans stress financier constant est l’aspect le plus important d’un meilleur logement.
Le marché du logement freine les projets d’avenir
Pour les jeunes générations, les difficultés liées au logement ne se traduisent plus simplement par un report de l’accession à la propriété; elles redéfinissent le parcours de la vie adulte lui-même. Des études indiquent que les coûts du logement influencent de plus en plus le moment où les gens se sentent prêts à fonder une famille, à réaliser leurs ambitions personnelles, à atteindre l’autonomie financière et à se construire une sécurité à long terme. À mesure que ces étapes deviennent plus difficiles à franchir, le logement devient le facteur déterminant qui permet de décider si les grandes décisions de la vie semblent réalisables.
Près de la moitié des Canadiens et des Canadiennes affirment que les coûts du logement les empêchent d’envisager de fonder une famille, une proportion qui atteint près des deux tiers chez les jeunes adultes. Les jeunes Canadiens et Canadiennes ont également plus tendance à considérer le logement comme l’une des principales sources de stress dans leur vie.
Les gens disposent de très peu de marge de manœuvre
Le plus inquiétant est peut-être que de nombreux ménages se sentent vulnérables, même s’ils disposent aujourd’hui d’un logement stable. Alors que 91 % des personnes interrogées se sentent assurées de pouvoir rester là où elles vivent, 44 % craignent qu’un seul revers inattendu, comme la perte d’un emploi, une maladie ou une dépense importante, puisse compromettre leur capacité à conserver leur logement. Par ailleurs, 64 % des répondantes et des répondants estiment que le système de logement canadien est défaillant et seuls 29 % de ces individus jugent que les politiques actuelles en matière de logement sont efficaces.
« La crise du logement au Canada est devenue une crise de possibilités. Lorsque les gens doivent renoncer à manger, à épargner et à leur tranquillité d’esprit pour pouvoir se payer un logement, ils ne parviennent jamais à s’en sortir. Ils ne peuvent pas se bâtir l’avenir qu’ils souhaitent pour eux-mêmes et pour leurs enfants. » – Pedro Barata, président-directeur général d’Habitat pour l’humanité Canada
La crise climatique a des répercussions sur la sécurité des logements et met en évidence les conséquences des inégalités
De plus en plus de gens prennent conscience des menaces que fait peser le changement climatique sur leur domicile. Ils s’attendent à ce que les risques s’aggravent et, dans certains cas, ils sont contraints de reporter les travaux d’amélioration de leur logement qui permettraient de renforcer leur résilience, car les coûts du logement sont déjà trop élevés.
Un quart (26 %) des Canadiens et des Canadiennes estiment que les phénomènes météorologiques extrêmes rendront la vie là où elles et ils habitent plus difficile à l’avenir. Une part importante de la population du Canada se demande non seulement si le logement est abordable, mais aussi s’il le restera résilient
Grâce à des partenariats, à des actions de sensibilisation et à des solutions en matière de logement, Habitat pour l’humanité travaille aux côtés des familles et des collectivités afin d’élargir l’accès à un logement qui apporte stabilité et perspectives d’avenir
À propos de la recherche
« Un logement, mais à quel prix? » est la dernière étude mondiale sur le logement menée par Habitat pour l’humanité International, qui examine la manière dont les gens vivent la question du logement au quotidien. S’appuyant sur les réponses à un sondage mené auprès de plus de 30 000 personnes dans 22 pays, dont 1 400 Canadiennes et Canadiens, cette étude va au-delà des indicateurs traditionnels liés au logement pour mettre en lumière son influence sur le sentiment de sécurité, l’abordabilité, la stabilité, la dignité, la santé, les possibilités et l’esprit communautaire de la population. Cette étude visait à compléter les données existantes sur le logement en mettant l’accent sur l’expérience vécue en la matière. Elle examine si les gens se sentent en sécurité chez eux, les sacrifices qu’ils font pour conserver leur logement, l’influence du logement sur leurs décisions importantes de vie, et s’ils estiment que le système de logement répond à leurs besoins.